Il disait cherche la lumière dans mes yeux, et les fermait, paupières avec force soudées. Pas d’échappatoire. Et de la fente obscure filtrait une ligne noire, plus noire encore que l’obscurité du dedans. Le dedans pulse rouge, la lumière il l’ingère, on y voit. Elle s’est écartée.

Elle s’est éloignée des requins. Elle s’est éloignée des informes qui mangeaient ses os pour garder leur contenance. Elle s’est cachée pour fermer les yeux, les siens, les deux, bleus de lumière et étrangement éteints. Elle est restée, flottant dans l’obscurité chaude et sereine, à l’abri, attendant sans le savoir le choc d’une autre naissance.

L’expulsion vers la lumière l’a éblouie, elle a pleuré. Le chat dans ses jambes était passé du noir au gris. Elle n’y voyait plus, qu’importe. Elle a respiré, profond, les sels de la mer pour se réveiller. L’océan l’a giflée, c’était bon. Les éléments et rien d’autre, sans un mot inutile, sous ses pied un sol de granit, solide. Elle a respiré. Debout. Assise.

Le vieux marin aux yeux plissés lui a rendu la lumière. Vous ne saurez rien du vieux marin. Saurien, tu ne sauras rien. Les reptiliens ne savent pas lire le cœur des mots, les mots du cœur, et c’est très bien. Ta moustache grise peut bien frémir, tu peux bien renifler, babouin chafouin, je n’ai peur de rien, la sienne sous le bonnet tu ne la vois pas. Le vieux marin au pas sûr chaloupe lourd et rassure.

Bonnet rayé de bleu, le blanc des yeux tranquille, le sourire paisible, le passeur aux mille embruns me regarde et je le vois.

C’est tout.

C'est rien.

C'est bien.