Le plus long temps déroule entre cactus et piquant ses jours incertains. Le temps s’allonge, s’étire et divaguant, ne rejoint pas là-bas, le temps étale d’été. La rame et doucement silence. Ne plus bouger, ni souffle, ni cil, pour accélérer. Retenir l’haleine hors, juste au rebord. Oublier. Oublier, à n’être rien, à n’être que volute blanche et déchirée au ciel et par le vent poussée.

Le long long temps, les jours pour rien, les nuits fermées, emprisonnées, liées, l’esrpit en étau, longue attente. N’attendre plus, s’agiter pour s’oublier.

S’agiter.

A giter.

Loin le port et la lumière en frissons à la vague. Le vague à l’âme et la marée. Marcher sur la plage, s’asseoir au rebord, au rebut, au début. Compter les grains de sable, de n’importe quel nombre à n’importe quelle nuit, s’arrêter sans raison. Être n’a pas de sens, ni vivre, alors rien contre rien, pour rien, aller chercher son centre et rire la gravité.

Nous sommes des toupies immobiles, et nous chutons interminablement, la ligne droite, sèche, dure et déséquilibre. Les derviches avaient-ils raison ? Mes images en tourbillon feront non sens et quiproquo, c’est vraiment sans importance. Il n’y a, ni devant, ni derrière, ni à portée, personne assez vivant pour entendre ça.

J’attends le jour J et l’heure H, posés là, à l’horizon de mon temps mort, soigneusement visés, la chaîne rouillée de l’ancre geint sa liberté contrariée.

Y a-t-il liberté sans attache ? Possiblement non, dérive n’est pas libre, n’est-ce pas, nous n’en sommes pas là. Boire l’absurde jusqu’à l’ivresse, jusqu’à la délivre, et trouver mouvants de nouveaux horizons immobiles. S’arrêter longtemps à les contempler. Longtemps. Longtemps. Longtemps. S’en laisser arracher sans savoir que faire. Revenir toujours, revenir souvent, poser là sa non-ambition. N’en avoir qu’une, immense, respirer là, précisément, où le souffle à l’évidence ne creuse plus la poitrine mais l’apaise.

Cet immense besoin de paix. Au bout de toutes les déroutes, le silence et l’immobilité. Recevoir ses amis, retrouver la mesure de leur pas et le temps château de cartes, ne pas se laisser abattre.

Retourner sur la plage, juste là, ma foi, où le hasard qui n’en est pas un a ancré le regard. Il n’y a pas de liberté sans attache. Choisir son attache et le souffle de l’air que l’on respire. Paisiblement. Là-bas.

J’attends le jour et l’heure, et l’aube qui me reportera là. Où mon pas et mon souffle et mon regard ancrés me tirent. J’écris en attendant des mots bizarres pour rire. Des mots à murmurer aux vents.