Soudain un cri. « Mon oignon ! gémissait le roi

-       J’ai aussi perdu le mien, marmonna Lapin Gris (ainsi le nommerons nous, jusqu’à ce qu’ayant brossé la poussière des chemins de sa fourrure épaisse nous puissions dire sans nous tromper s’il était ce jour-là rouge ou blanc. Ce qui, cela s’entend, changerait tout au récit.)

-       J’en ai un au pied, et qui me fait souffrir, vous le donne, fit le roi sans nom. (vous l’aviez bien sûr remarqué. C’était un roquant roi qui toujours du coup, changeait de couleur et de côté. Les rouges passaient au blanc passaient au rouge passaient au blanc et rêvaient d’ombres et de noirs pour pouvoir se reposer. Le roi, las de tous ces changements, décida de ne se plus nommer. Certains allaient sans tête, il irait sans nom.

Grave, Lapin Gris considérait le présent. Le lança par jeu à Midas en criant « la passe, la passe ! et lui revint, silence et d’or. Celui-là ne réveillerait pas son loir. Ce point-là étant réglé, il considéra Sans Nom, songeur.

-       Sire, dix sous pour vos pensées !

-       Hélas, fit le roi, je songe à la reine, du temps qu’elle était belle