Majestueux fit son entrée, l’éléphant rose. Majestueux, c’était son nom. Blanc d’origine, fut repeint par les Jardiniers d’Oubli, de rouge, puis de blanc, puis de rouge, puis de blanc, puis de… jusqu’à ce que, las des chatouilles des pinceaux des valets sans tête, il les leur mélangea et leurs couleurs aussi. Rose enfin, on, le laissa en paix, il sourit et s’endormit, en ronflant un peu.

Et justement, comme à pic, on entendit grincer la voix de La Pique (qu’ainsi nous nommerons pour plus de simplicité) dans une colère noire. « Plus personne ici à qui couper la tête. Où sont donc passés le roi et ses jardiniers ? »

Les jardiniers s’étaient oubliés dans une histoire précédente, et peignaient inlassablement, le blanc en rouge, le rouge en blanc. Ainsi le lait prenait-il la couleur du vin, le vin celle du lait, et l’huile restait ce qu’elle était : étale. Mais les bébés roulaient bourrés dans leurs voix sans issues, létales. C’était tout ce qu’ils pouvaient pour oublier leurs parents barrés et ivres.

Le temps passait par là, dans la poche du lapin gris. Peut-être était-ce le blanc, empoussiéré par la chaleur des routes. On aurait cru entendre, à mi-voix comme à mi-chemin, avançons, nous referons notre retard et secouerons nos mouchoirs gris. Les moustaches frémissaient d’ailleurs et pas l’ombre d’un vent malin… mais qui a jamais rattrapé l’ombre du vent ?