Ce qu’il en restera, de nos pas dans le sable, infime et bouleversement, un peu d’écume déplacée et l’air qui vibre. Moussent les vagues et nos riantes figures aux éclats dans les fleurs de camélias. Des explosions de verve en rire et nos verbes versés, nos mots renversés. Regarde-moi encore ! Le visage renversé et offert au miroir gris d’un ciel effiloché, des brumes et des bribes s’agglutinent, lentes et sûres, en un tout ramassé et unique, un entier, un serein.

Nos pas sur la plage et l’un à l’autre appuyé, la lente descente sans rappel à nos horizontales. Nos lignes mêlées, nos membres, de travers l’horizon, la baie de biais. Étendus et sereins, nos paroles s’envoleront, bulles dans le silence, ricochets sur l’horizon. Des mots que nous dirons, il ne restera rien que les paumes et les peaux, douces et les unes aux autres froissées. Blottis et cachés, murmurants et fluides, chuchotis inversés. Devises. Deviserons. Paisibles.

Demain. Demain existera pour lui, se démarquant des hier et amers, les voiles hissées aux brises de nos souffles conjugués à l’intime. Demain commence aujourd’hui, le passé révolu enfin. Refermé. Sur les lèvres l’ombre d’un sourire, nos yeux miroirs fondant image et réalité.

Les pages dans le vent, le livre hésite et mélange les plumes des anges.