Mais qui se rappelle qui le temps que j'étais là ? Oh, il y avait l'eau là, les cailloux y creusaient leur onde. Et le froid les gela, Lola.

Le froid gela Lola et la pelle est passée par là. La pelle à grands coups sur son bonnet givré, l'appel gris endura sur sa caboche de roche.

Aïe ! Tant et tant dura, tant et tant endura, tant et tant se figea et durcit que disparut. Et la revoilà, petite poire blette et déconfite.

Renouer le fil cassé dans taire, un nuage de laids chauds peut-être. Un chauve à escalader. Flaque et floque, comment veux-tu l'eau hisser ?

Que flique et flaque et botte éclate. Le miroir volé d'Alice, le miroir en éclats, Lola coincée là à l'envers, de l'autre côté de la flotte.

C'est à cet instant-là, n'oublie pas, c'est exactement là que le disque s'est mis à tourner. En rond comme il se doit. Et tout a recommencé.

Le froid gela Lola et la pelle. La pelle, ma foi, elle, n'oublia pas son joli bonnet rayé gris et jaune et gris et rouge. Mais nul n'appela.

Pas même n'eut le temps d'engueuler ce con qui encore déglinguait les étoiles, ni bouche non plus, ni lèvres, ni langue, ni rien pour crier.

Ainsi se tut Lola, se tait et se taira jusqu'au prochain printemps, le prochain redoux encore soufflera des roses sans épines à ses doigts.

L'œil vitreux de Lola Caspouet nul ne peux plus pénétrer. Pas de miroir à traverser. Un peu d'eau sale s'étale aux temps doux sur ses joues.

 Nul ne comprend. Nul ne sait. Pourtant l'âme elle a Lola, comme eux, et ils lui jettent des pierres. Ils. Eux. Tous. Vous et moi. Sans émoi.

Pas Caspouet, papa. Castapouet. Lola Castapouet.