C'est un toit. Un toit. Tu sais comme sont les toits. Instables et ça glisse, la pluie et le vent, on se voudrait là, mais tout bouge. La lune a basculé, les étoiles boivent la tasse, il ne reste qu'à, se terrer. Se terrer. Tout rouge, tout est rouge sauf le sang. Blanc. On dit saigné à blanc, et je ne sais pas. Je ne sais pas les étoiles blêmes et ce que la lune ne trouve pas.

Je voudrais, le vent et la falaise, les gifles, mais je reste là. Proscrite. Prostrée. L'inquiétude et le temps, qui s'arrête, qui ne passe pas, arrêter. Tout ici arrêter, serrer à mort, freiner des deux pieds. Ne plus subir, plus être là.

Ne plus subir, et la vie se rétracterait, comme ça. Ne plus lester le poids mort des vies figées. Si au moins il y avait le chat. Même le chat ne mord plus, je ne sais plus. Je ne sais pas. Le mur froid, la fuite, et qui ne veut plus, qui voudrait quoi ? Il faudrait. Il faudrait savoir.

Mais. La fatigue prend le dessus, je sens bien que c'est las. Loin de moi. Je ne sais plus où trouver pour demain l'énergie. À bras cassés. Je n'aurais pas dû, bouger, qu'aurait-il fallu ? Qu'aurait-il fallu pour que le monde m'accepte ? Qu'aurait-il fallu que je ne fasse pas, ou moins, ou plus petite encore ? Qu'aurait-il fallu pour disparaître ?

C'était un toit et j'y marchais dessus, le vent soufflait rafales, ni plus chaud ni plus froid, je suis en bas, et je regarde. Le dos rompu au bitume, désossée, je regarde là-haut, le ciel et les étoiles. Je lis. Je dérape. Je dévisse, je déjante, je délire, je déboussole, je déraisonne. Je déconne.

J'aurais dû, sûrement, quelque chose. Je ne sais quoi. Je ne sais pas. Je ne sais plus.