Le froid dans les extrémités, les doigts gourds et les orteils gelés. Les chaussettes égarées dans les couvertures en désordre, les draps noués emmêlés. En remettre une couche, un duvet, des plumes, un canard, une oie. Le chat. Avant il y avait le chat, dans le lit, dans le dos, mais le chat aussi, là, il est froid.

Non, je pleure pas, y'a des fontaines, pour ça, mais les fontaines, elles vont geler. C'est la saison où ça coupe. Ça craque, ça claque, ça s'entrechoque, bien en rythme avec les dents, et en surface, des vagues givrées. Descendre l'escalier, un rêve, un mirage, jeter vite au fond d'un verre un comprimé, pétillant comme des yeux enfiévrés. Effervescence.

Et le chat qui n'est pas rentré, j'aurais moins froid. C'est la saison où ça pèle.

Ça pleure pas, une bête sans fourrure, ça pleure pas un chat épluché. Ça cuit. Pas de soupe, c'est un cauchemar, c'est la fièvre. Je sais, tu ne pleures pas. Tu ne pleures jamais. Bouillir à froid, faire jouer les grelots du traîneau, c'est pour bientôt. Inconscience professionnelle, demain on ne les verra pas, les marmots. On fera frémir l'eau du verre, on avalera. Cul sec. Bien concentré, tenir debout, bien accroché.

J'ai bien encore un peu de vie dans mon eau, je vais me faire un grog tiens. Bien chargé. Pi je vais dormir, ça vaut bien un chat à gros dos. Mais putain ce qu'il fait froid. De toute façon tu t'en fous. J'ai retrouvé un vieux duvet. Me réveille pas. Il fait froid.

Qui es-tu ? Ange et démon, que fais-tu là ? L'ennui va te plaquer aux filtres de la piscine, tu vas te noyer. Plonge, la mer est là, la falaise te tend les bras, ne saute pas. Nous irons chez les trépassés, là où dansent nos amers. Souviens-toi.