Rois nus ou princes dénués
Par Ginette Fanfiole le mercredi 9 novembre 2011, 12:48 - Instants en instance - Lien permanent

C'est si long, c'est silence, et cette vie n'est pas vie, c'est distance. Le temps s'étalait lisse mais le vent est houleux et les profonds s'enfoncent sous la surface. Faire comme eux, se faire plomb, faire sa place, ne plus se battre. Encore une guerre de sauriens, faut tuer du gueux, l'homo se pince, dé-pense et lave plus blanc. Peut-on appeler lumière ces aveuglements ?
Ils veulent la mort du petit chose et chacun de se chercher, pour esquiver, une identité. Être exception plutôt que de bousculer les règles. Il y aurait de la place pour tout le monde, mais ils veulent nous vendre les couchers de soleil, nous vendre nos vies, nous vendre à nous mêmes, et nous nous trahissons, dociles.
Le pot de faire contre le pot de taire, toujours les mêmes gagnent, à moins que. Investir ce qu'ils abandonnent. Habiter les déserts, respirer dans le vide, désapprendre l'apnée imposée par ceux qui nous vendent l'oxygène. Bouffer les bouffons qui rien n'ont ni ne savent. Il suffirait de leur dire, non. De reprendre ce qui est à nous. Mais nous n'existons pas, jeux tuent îles, isolés, et leurs chants fortifiés nous repoussent et nous tiennent en irrespect.
Ils nous veulent geignards pour choisir leurs charités. Ils nous veulent obéissants. Se faire canard et plonger, savonner sa plume, devenir insaisissable. Comment faire pour nier l'enfer, il y a, forcément, il y a quelque part, un ailleurs où aller qu'ils n'ont pas investi, qu'ils n'osent pas, il y a. Quand plus rien, plus un interstice libre où se glisser, glisser un courant d'air, un reste de lumière, quand la ligne de fuite est brisée, ne reste que folie.
La folie. Oserons-nous ? Les enfants nous montrent la voie, vos enfants fous, vos enfants phares dans la tempête. Vos enfants sacrifiés à l'hôtel bon marché de toutes vos compromissions de petites putes asservies, et moi avec. Asservie, compromise, concédée, contenue, compensée. Le jugement dernier est derrière, nos âmes pesées et empesées, compliées. Nos libertés déconfites. La bataille est inutile, la bataille contient déjà nos déroutes toutes tracées.
La folie. Oser plein vent à visage découvert, oser dire, ainsi suis-je, suivre la ligne de fuite, sommer nos émérites, lever les mains et dire je. Jeu pas drôle sous les rires en eaux bues, hontes ravalées, une dernière gorgée de fiel.
Cracher.
Commentaires
Sens et sons font sens! Je vais m'abonner à ce blog, je crois... gardons notre "je" presque intact au moins...
C'est toujours un plaisir d'accueillir de nouveaux lecteurs. Bienvenue.