Tu parles à ma raison, mais ma raison n’y peut rien. Je sais. J’ai compris, enfin parfois je comprends, mais les mots jamais embouchés redescendent et m’obstruent la glotte. Je tremble et c’est passé, je m’embue et c’est fini, tu es parti. Pas toi. Pas eux. Le tu frère de l’autre je, enfin tu sais. Tu sais bien que c’est pas du jeu.

L’infini n’est pas cousin de l’incomplet, ça se saurait. On clopine comme l’art détonne sur les chemins incertains de l’avie. L’être et ne pas être, tu sais bien, enfin, il y a bien un tu qui me suit ? Rien qu’un s’il vous plaît, rien qu’un pour me donner le courage, de me jeter ou de vivre, peu m’importe. Et arrêtez de me parler comme si je pouvais. Je ne peux rien, je n’ai jamais rien pu, je n’en peux plus.

Arrêter. Arrêter tout, je suis lucide, il n’y a rien à faire parce que je ne suis rien. L’épiderme à rebours sous vos pluies acides, la fleur de peau étouffée sur l’envers, rien à faire. Le temps passe et me brûle froid, je ne devrais pas être là. Je ne devrais pas être là. Je ne devrais pas être là.

Une vie d’erreur à essayer de me gommer. J’y étais presque arrivée, qu’est-ce qui m’a donc pris de vouloir parler ? C’est que ma raison n’y peut rien, ce n’est pas moi qui conduis. Je suis coupable et votre Bon Dieu me punit. Émotions illicites. Récusées. Je veux la paix. La paix. Il n’y a qu’une façon d’avoir la paix. Il n’y a qu’un baiser qui vaille.

Toutes les sorcières, toutes les pommes empoisonnées, tous les poisons, j’ai tout tenté, mais les Carabosses compatissent.

Je n’ai que faire de vos pitiés. Armez vos lance-flammes. Tirez.