Le bonheur, cet univers fade qui nous met à table à heure fixe, une cuillère pour papa, une cuillère pour maman. Le bonheur en unie forme sur l'étagère bien ordonnée des rayons de nos dé-penseurs. Le bonheur, cette obéissance à la vie d'ange aux plumes bien lissées.

Impenser comme on intisse, pour plus de solidité. A l'essence plus un mot, inutile ou en souffrance, retrouver ses duvets oubliés, ébouriffer pour plus de chaleur. On n'ouvre pas toujours les ailes pour s'envoler. Où nos vents intérieurs nous emmènent, inattendus, où nos souffles nous portent ? Là, exactement là, où nous somment nos voix d'être, entiers, l'infini dans la bouche, tous monde bus, mers et souffles, sans grimacer.

Paisiblement voler lumière, un grain de poussière qui brûle en rentrant dans l'atmosphère d'un autre. Un autre mystère à ne pas tout à fait élucider, il est bon parfois de se laisser dépasser. Bon de se laisser absorber. L'un dans l'autre, se soustraire et s'inclure, s'accepter, dans tous les sens. Mettre à jour sa peau nue et fermer les distances, retrouver l'infini du cercle et l'abri.

Les miroirs sont les graines de nos réalités. Laisser germer dans le chaud et l'humide, laisser éclater la bulle et regarder pousser le bras spiral, voir naître les univers. Tirer loin l'inquiétude, désenorgueilli, accepter d'être monde. Cesser de porter, équilibrer les charges, positif et négatif opposés pour la lumière, déséquilibrer pour le mouvement. Apprivoiser pour harmoniser les passages. Avide se poser, tempérer, intense, pour connaître.

A tue et à toi, le vivant ne sait rien de la mort, que connaît la mort des vivants ? Le silence en apaisement, les mots tus, inutiles, les bouches flux à l'incendie, fraîches, le temps habité. Le temps plein. Les souffles un moment accordés et la nostalgie de ce temps-là. L'histoire sans parole pour la paix des méninges. Le mort sait tout des vivants.