Eteignez
Par Ginette Fanfiole le vendredi 23 septembre 2011, 21:27 - Instants en instance - Lien permanent

La nuit, déjà. Dedans dehors, l‘encre seiche, l’ancre dérobée, la plongée. La nuit partout et les papillons noirs, la valse lente des plantes sous-marines, l’obscurité. Les mêmes mots toujours emmêlés, le désordre des choses, rien à sa place, où voudrais-tu que je trouve la mienne, comment veux-tu ?
Dessous la surface, suivre au profond la chaîne, couper le son, étouffer le silence. Va-et-vient silencieux des vagues lames, sous la souffrance la paix du froid. Le couteau sur la peau et qui tranche rouge et glisse, les plaies ouvertes et diffusant bas-fond. Lent sommeil sous les aiguilles de glace, lancinances des blancs silences.
En flaque au redoux la débâcle, vite geler les boues rouges, durcir, se tenir, les dents du loup prises en tenailles entre chairs et effrois. Geler et gésir, c'est un joli mot gésir, et ne plus rien vouloir, ni vivre ni mourir, être là sans savoir, être las, roulé dans le flot absurde. Des larmes dans la voix, se taire comme on se tient, pour rester droit. Rester droit hors quand tout dedans se tord, et sourire, sans savoir à quoi, au masque mort des vivants engloutis machines, aux visages apaisés des morts.
La nuit dans la voix, le corps lourd, le geste lent, le rêve liquide et qui s'en va irriguer les rides. La nuit, encore.
Commentaires
C'est une très belle photo, très intéressante, joli blog aussi!
Merci.
Oui gésir est un joli mot, bien mieux que ça d'ailleurs! Le reste me séduit, comme ça, sans tambour ni trompette. Photo de rêve éveillé. Le net recèle bien des secrets gardés.
Merci. Bienvenue.