A la recherche des pas perdus
Par Ginette Fanfiole le dimanche 29 août 2010, 10:04 - Bouteilles à l'amer - Lien permanent

Il fait chaud, trop, le silence s'étale d'un aux autres et d'autre aux uns, mer égale et sombre, flaque d'hydrocarbures, fluide épais et visqueux, et l'odeur écœurante de fossile putrescent. Le silence en flaque d'huile se répand, noir et rouge, en mer morte. Vos paroles et vos mots ne me touchent plus, je ne suis rien plus, rien moins, je ne suis rien et je touche du doigt l'absolu.
Absolu, tout ou rien, le tout m'a rongée, dissoute et digérée, je ne suis plus. Ce qui serre chaque jour un peu plus, je n'en sais rien. Les images ne flottent plus à la surface des eaux mortes, le cauchemar est complet et la marée s'étend, noire. Submergée peu à peu, comme les eaux montent, inexorables, par les absences, et l'absence absolue je l'attends. La paix.
Le suc me digère trop lentement, l'estomac de la baleine n'est pas ce que je croyais, le temps y dure, les sucs rongent et percent à cœur, attaquent l'âme et je ne le supporte plus. Vivre ça et en être conscient, le cerveau rongé lentement aux acides gras et lourds de la médiocrité, de l'insuffisance, de l'impuissance.
La liberté. La liberté aux fous, perdre la tête, trépanée, perdre les cardinaux, retourner à l'ordinaire, l'insignifiant, ne plus voir ni gris ni clair.
Au berceau des illusions demander le frère.
J'avais un frère.
Ou j'y ai cru.