Je n’y suis pas toujours. Parfois tu me vois, mais c’est pas moi, dedans, c’est absent. Je n’y suis pas. Je vis, comme ils disent. Je parle à des gens. Quand je parle à des gens, tu vois, je m’enfouis comme on s’enfuit, ils sont tellement bizarres, les gens. Etranges à en être étrangers, plus éloignés de moi que le singe de ma branche, je me sauve, j’ai l’esprit leste. Je plonge.

Parfois j’y suis. Parfois, pas beaucoup, pas souvent, parfois je parle à des gens et j’y suis aussi. Alors le flot se tarit, et je n’ai plus rien à dire comme on n’a rien à cacher. Rien à taire. J’ouvre les yeux et les oreilles, je suis. Je suis bien, comme le fleuve et l’élève suivent leur cours. Attentivement. Ma petite voix te répond, j’oublie toujours que la petite voix, tu ne l’entends pas. Quand je ne parle pas, c’est juste que je suis là.

Le chat, il sait ça.