Je sais, c’est jeu, n’est-ce pas, les jeux sont faits et les je sont défaits, déconstruction à l’ego land, démolition, en cours, et dans les règles, et sans recréation. C’est jeu, et le joueur, le joueur c’est l’autre, c’est toi, et le joué, le jouet c’est moi, déjouée, désenjouée, je suis le jouet disloqué d’un joueur éméché. C’est sans intérêt, je devrais me casser, c’est ce que je pense, et je casse, je décompense, laisse tomber les intérêts, les désintérêts, laisse tomber c’est moi qui paie, c’est ma tournée. Les je sont faits comme rats dans l’encrier.

Je ne comprends pas, les buts, les règles, je con prends, j’ai tort. J’ai toujours tort. Je sais. Tu m’aimes. Tu sais quoi, je crois même que tu y crois, c’est moi qui ne te crois plus, tu m’aimes, comme le chat aime la souris, tu aimes jouer avec moi. Je laisse des traces, des traces de pas, comme qui dirait négation, je ne sais plus, qui tu es, qui je suis. Je ne sais plus ce que je vaux, lassitude, lourde peine, est-ce que vraiment tu vaux la peine ?

Je ne sais plus rien de toi, le silence m’évide, l’absence m’efface, jouet, désillusion oblique, on ne voit pas toujours bien avec le cœur, jouet cassé, débris épars au plancher des peaux de vache. Je et un autre, débâcle, des baffes et pleure, pour quelque chose ou bien pour rien, jouet mécanique sous la patte du chat, souris. Souris, c’est gagné, le chat aime la souris et disloque d’une patte blasée les os fragiles, et tire les moustaches de soie, les fait claquer. Pan sur le bec, jette au mur, en plein dedans. Dans le mur. Murmure du silence, ça couine les souris coincées.

C’est jeu, le chant d’elle, ridicule, s’élève, ce qui rit, je ne sais pas, moi sans doute, quoi d’autre, quoi d’autre que le rire quand on se voit si blette en son miroir, si bête, quoi d’autre que le rire dans la glace. La glace à fondre, à rompre, les brisées savent tout des miroirs cassés et des années de malheur. Les années d’avanies, avachies, les années d’avalanche et les blanches en gelées. Les années d’engelures, souffle sur mes doigts, ils vont casser.

Ils cassent et sucrent d’orge les lèvres assassines, rouges et dures, ma main dans ta bouche, je te casserai les dents comme tu m’arraches le dedans. Avec amour et dignité.