Rouge, c'est rouge tu vois. Rouge parce que. Rouge ça claque, ça flashe, rouge ça crache quand on se crashe. Rouge pour être vu, rouge folie, pour déchirer le noir, rouge pour le froid qui dort, comme l’eau dîne et l’ondine, ses cheveux au courant, rouges, et longs, qui tranchent le noir et gris.

On dîne, rouge dans vos gueules, dans vos faces blêmes, dans mes yeux amers, outre mers. Rouge colère, rouge passion, rouge sensation, rouge émotion, rouge, ça bouge. Rouge détresse quand les feux stoppent, rouge boulet, lanterne. Rouge la viande qui saigne, carton rouge, arrête, s'il te plaît. Arrête. Rouges les fruits des urgences, rouge le téléphone, rouge l'alerte.

Rouge la vie belle, la vie rebelle, sans label. Rouge le soleil dans tes yeux injecté, rouges les blancs irrités, rouges les abords des amours mortes, en mer lourde et épaisse, rouge le sel de nos vies sabordées et coulées. Rouge le sable du sablier, rouge le temps décompté et les restes de tes vertes années. Rouge, la lumière de tes yeux crevés, rouge le chemin qui te reste, rouge ton enfer aux brûlants pavés.

Rouge, la pomme empoisonnée.