Laisse tomber. Le clown qui rit, c'est déjà pas clair, mais le clown qui pleure, c'en est trop. La fleur à la boutonnière, le pétale en berne, et le printemps gris bat la mesure comme plâtre, et le bât qui blesse, c'est l'âne qui plie le jarret. Le bagage, plie bagage, il est temps. La tempête a fait le ménage, le coup de balai emporte les ordures au caniveau. Jette un seau, eau sale, eau froide, jette le seau et l'eau du bain. Les beignés au ruisseau, c'est la juste place.

La colère blanche et qui casse, la colère avalée de travers et le froid avec, sans savoir. La casse stagne comme les os craquent, les dents entrechoquées et l'écume à la bouche. La rage des bernés, le clown, celui qui pleure, sa colère dans les yeux, sa colère brandie et retournée contre lui. Rien à faire. Rien. L'affaire est dans un autre sac, l'affaire faite, les dents claquent dans le vide et les yeux, les yeux, qu'on les arrache. Plus d'œil, plus de larme, juste les lames de la colère, blanches, et ce désir soudain de détruire ce qu'on a aimé.

C'est une histoire sans fin, juste les dents sur la pierre, qui raillent et qui grincent, juste le désert qui s'étend, de glace et de sang. C'est une lassitude à l'ultime qui se couche et se recroqueville. C'est une âme qu'on gèle et qu'on brise, c'est une flamme gravée dans la banquise, qui ne pétillera plus jamais. C'est le vertige et l'espoir de la chute, au delà du vide, c'est le fracas d'un courant heurté, qui jette et projette, qui casse et qui disloque, c'est un cœur à l'équarrissage, une silhouette pétrifiée,un hurlement sans fin qui roule au dedans, et un regard d'horreur, vivant, dément, un regard incrédule et qui n'appelle personne.

C'est une histoire dont tu ne sais rien. Tu ne sais rien du silence, rien de la solitude, tu ne sais rien de moi.