Des chats la nuit
Par Ginette Fanfiole le dimanche 28 mars 2010, 14:42 - Mots d'absence - Lien permanent

J'aime quand l'ombre s'éclaire à demi-lumière aux années emmêlées, je suis grise comme chat la nuit, fouine, et patience, temps ne m'use, j'attends. Je t'attends. Je m'entête. Je ne bougerai pas, et ton regard qui me traverse et part au delà, ton regard je le soutiens sans dévier.
Sans détourner la tête, transpercée, ce qui m'ignore et m'a défaite à tessons au cœur de l'ennui, ce qui saigne rouge, c'est ma vie, la mort me grise, à dessein. Crayonnée à la mine désinvolte, il faut bien masquer ses faux-airs, la mélodie des îles sans vent, ni debout, ni assis, le vent absent des flûtes au bec claqué.
Un air de pipeau, piper les dés, pour quoi faire ? Vent de face, ce n'est que le vent qui passe sans s'arrêter, vent de farce, coupant. Tu me fais la bise et le cœur en gelée.
J'aime les lueurs rouges et le rubis dans mon verre brisé, dans mon poing serré. Sangs mêlés des flous, des filets embrouillés aux yeux froids de l'amer. Les eaux rouges aux ciels déchus du couchant, les gisants déchirés aux cœurs battant encore.
Je n'ai rien fait, je regardais, et j'y verrai encore, et j'y retournerai. J'aime ce que j'aime, un point c'est tout. Et je caresse les chats tigrés dans la nuit qui m'effrite. Je soutiens leur regard vert, mes bras griffés, c'est mon affaire.
J'aime l'œil mi-clos du chat qui guette, et la lumière qui sourd et parle, les éclairs. Je ne te quitterai pas. Les étoiles au ciel trop tendu des obscurs, ce qui est tu n'est pas caché, tends la main au dais et tire le rideau, tu verras.
Je t'aime. Et je t'emmerde.