C'est un bâtiment fantôme. C'est une mansarde à la dérive. Elle dort entre les pattes de la grande ourse et la polaire brille à ses cils, à cinq coups de cuiller à peau. L'appeau de la mort, l'appeau de l'amour, désamours déchues, chues, chutes. Chute singulière en apesanteur dans les flocons des temps dépassés.

Un désarroi d'enfant trahi, d'enfant perdu, elle saute sa marelle de la terre au ciel, elle cherche son chemin, les étoiles en petits cailloux blancs. La polaire ne montre que le froid, elle lâche la cuillère, en équilibre au bord de l'univers. Elle regarde sans comprendre, l'œil au vague.

Le cloche-pied ne tient plus, la cloche est mise à pied, rien ne tintinnabule. Elle écoute au tréfonds des trous noirs, l'oreille tendue, à trop se pencher elle va tomber, c'est sûr. Elle s'abîme, n'entend pas mieux, les anges ont posé leurs trompettes, noirs ou feu. C'est fermé, elle s'assoit.

Elle s'assoit au rebord du temps, elle attend, elle n'attend pas, un ange se ronge les ailes, là-bas, au sang. Elle s'assoit, elle n'a rien de mieux à faire, en silence, c'est son univers. Elle attend, ça la dépasse, la lumière, elle ne sait que le sombre et la pénombre, elle ne sait que le furtif et le fugitif.

Elle soupire, mais ça vaut quoi, le soupir d'une étoile écrasée ? Elle soupire. Elle ne fait jamais que passer. Elle se laisse tomber, juste histoire de rester là, pour une fois, de n'en pas rester au tout incompris. Elle s'enfonce et s'enfouit comme graine au terreau nourricier, elle verra bien si le printemps revient. Ou elle ne verra plus rien.