A la pêche aux étoiles, les mailles du filet sont toujours trop lâches. Au fil de la toile, elle brode d'or et déjà les lueurs rêvées de l'œil enclin au transfert dérivent au miroir des visions éperdues. Rien ne se paire, défilé sur piste blême, la face ronde de la lune s'éteint au bord des cils, disparue, la lumière, étiolées, les étoiles.

Les toiles de la mer brodées, l'œil s'écarquille au vent qui ride les fronts plissés. Rien à voir aux abords des grands vides et des mers désolées, poussière. Le regard avide, les yeux aveugles, la nuit noire dans l'espace infini, où est-on ? Sidérées au sidéral, les errances se heurtent, s'emmêlent et s'éloignent, au hasard, sans volonté affichée.

Les mers vidées et les poisons versés en semence, le sel concentré sur son travail de sape. Les poissons vidés, les sardines grillées, les flacons secoués sans ivresse. Les attentes déviées et les abers ensablés. L'immobilité en règne.

Les issues bouchées comme les ouïes, les assourdis à fond de cale, l'ennui enchaîné à leurs pieds. Les rats quittent le navire à la nage, les îles sont noyées, faire la planche face tournée vers la nuit.

Attendre les levers. S'accrocher à un rayon de lune, saisir l'urgence et monter vite, avant le dernier quartier, avant que la nouvelle ne rejette à l'amer des larmes de dépit, jeter le filet au croissant et grimper. Oublier l'espace qui suffoque, regarder loin les univers s'ouvrir et virer, entrer en résonance comme en résistance, prendre le contre-pied et tourner à contresens.

Oublier les distances, dériver en paix, les yeux dans les yeux des noyés. Dessaler les outrances, passer à l'anticerne les contours trop accusés de nos irréalités. Délaver nos tons heurtés, dévaler de concert les pentes du rire, soulager nos sourires engrisés de dépit, l'humour attendri aux verts du printemps.

Les giboulées de mars déboulent en trombe sur nos herbes rouges, à vif.