Avis de passage
Par Ginette Fanfiole le mercredi 3 mars 2010, 11:07 - Idées noires - Lien permanent

Silences et solitudes.
Poussières.
Parfois un rayon les fait scintillantes et porteuses de rêves, d'espoirs, tous mots interdits, trompeurs et mensongers, parfois une lueur fait exister l'illusoire, parfois un rayon de lumière les mirage.
Poussières soulevées d'un coup de vent, qui les élève pour mieux les oublier, la lumière approche, accroche, s'éloigne, poussières incolores aux âmes grises, pâte à modeler la chimère, le tangent se refuse quand la réalité prend la tangente. L'aréalité m'abuse. Le mal d'amer me nausée.
La trace de vos pas dans les poussières éparses des solitudes déchues, imposture, trompe-l'œil, néant, ce n'est pas moi. Vous voyez bien, je ne suis rien, poussière, je porte la trace de vos pas, à peine, à grand-peine.
De trace je ne laisserai pas, même pas souffle, même pas. Attente latente au ciel vide, l'enfer d'être née pour n'être pas, pas même un pas dans la poussière, une apnée dans l'univers, une retenue. L'enfer aussi injuste que vos paradis, artificiels ou pas, artificiers.
Les paradis artificiers soufflent toute trace, vole le grain de poussière en apesanteur et cesse de respirer. Les paradis artificiers confisquent l'espace, et mon souffle, et ma vie, les parois de la bulle se resserrent.
Vos paradis miroitent, artificieux, aguichants et retors, vos paradis en vos enfers, au pas raide de l'oie bernée, le silence en berne, le mât couché et le foie tiré, à déguster.
L'apathie après la tempête, la fraîcheur du printemps sur les chants dévastés. La paix après le saccage, la brise après l'ouragan, le chant de l'eau, le babil du moineau.
La mort en avance attend l'heure, le faux brandi pour passer le temps, les larmes au caniveau.
Les pleurs à pas d'heurt, au pied levé, les peurs à raisonner. La déraison comme un flux à détourner, la folie en ligne de fuite, sortie de piste, ligne de mire brisée, le temps sans perspective, l'ennui laminoir.
Singulier silence, solitude. Un grain de poussière sous vos semelles. Le plomb, le vent.