Leurres d'été, leurre c'est leurre. Les troubles en eaux claires, c'est ténu, et le trouble en eau sombre, éperdu. Les yeux percés lâchent leur éclat et les crabes du panier, tout sens dessus-dessous, ne nient pas la lumière, ils la fuient. On ne fuit que ce qu'on ne reconnaît pas, ce qui coule c'est juste le rimmel quand la prunelle se noie dans les bleus aux âmes des inconnus.

Brûler rouge aux cernes bruns des insomniaques, la fumée âcre, l'enfumé dans sa cellule, piégé. Nulle ne sonne le réveil, à charge de lever le pied et d'alléger le pas. Le cœur est lourd aux exilés, les bizarreries du monde qui les héberge et les moque, la dureté des règles assenées aux volatils. Le chat se marre et maraude, la souris grise l'enivre mais le rêve est fermé. La honte est bue, le sot gratte la ciguë.

Celui qui boite. Celui qui boite marche aussi droit que celui qui ne flotte pas, les égarés, on les enferme. Leurs chemins creux zaguent et ziguent, leurs chemins de travers, partout ils tanguent sur leurs jambes incertaines, et ça effraie, ces regards flous qui savent des Amériques que nul ne voit. On boirait à leur verre, à leur verve, à leurs lèvres si on osait l'ivresse. Mais on n'ose pas et on les cloue, becs et ailes, pour qu'ils gardent clos leur champ de fous et que personne surtout n'entende.

Chant des leurres et des leurrés, chant du signe des cloués, aux portes dégagés, le mot jeté en aumône à la vie qui saigne, les plumes empoissées des perdus au ruisseau, et ce cri un peu niais qu'ils jettent comme le dernier. Dernier cri dans un dernier souffle. Je t'aime.

Dans le sablier c'est le silence qui s'écoule, le long silence des interdits de cité. Le regard file la métaphore, de loin, qui observe sans comprendre, et le temps passe, acide, sur la peau des écorchés. Elle se recroqueville comme une paperasse qu'on brûle, acheminée au fond d'elle, en vérité, à l'essentiel.

L'heure est à l'hiver et au froid qui endort, sans rêve. Reposer en paix.