Cette hostilité et cette souffrance imposées en figures hiératiques et absurdes, de silences et de mots. Cette hostilité et cette souffrance acceptées, et l'intolérable. Le silence qui parle et les paroles qui me taisent et qui taisent, la vie comme un combat, toujours, les rivalités imbéciles, et l'espace confisqué, l'oxygène rationné. La gêne de celle qui en devient une, sans raison, sans cause, et l'arrêt, la stase, le repli, la retraite.

La défiance de ceux qui cherchent l'intention sous l'essence, en procès, les condamnations sous silence, les accusations sous le manteau. Se défendre, toujours, se défendre de sa sincérité, de sa bonne foi en permanence, se justifier sans cesse, sans que cesse le soupçon. Les jugements en couperets tombés un après l'autre, l'intégrité amputée, et ce grincement quand la lame descend, rouillée, le tranchant émoussé et qui déchire l'ouverture.

La souffrance elle-même s'émousse et lasse, la meurtrissure vert de grisée et qui s'emmousse en carapace molle, à quoi bon. Ne plus se battre, jamais, ignorer l'ennemi et même quand il tire, et même à découvert. Celle-là même qui pointe mon infâmie, qu'elle crève de sa propre méchanceté, sa perfidie figée sous le vernis, en œuvre abstraite et conceptuelle. Beauté obscure des cruels.

Assurer ses racines, se camper, s'entêter, s'offrir en cible comme on s'obstine, comme on essaie de comprendre. Soutenir le regard du mépris qui vous toise, quand l'acharnée persiste et signe, opiniâtre, défier le juge et lui renvoyer en miroir son propre jugement, sa propre condamnation à l'inhumanité. Epaissir sa peau en écorce et répondre par la constance à l'animosité.

Ne pas confire dans le conflit, aimer. Ôter de son soleil les suspicieux, aimer ce qu'on aime, avec loyauté.

Vivre et laisser vivre. N'écoute pas le chant des sirènes. S'il te plaît.