Juste triste et molle, juste grise et fatiguée, juste bouillie sale comme neige sur trottoir salé. Fondue, enchaînée, détachée. La soupe froide bientôt coulée à l'égout, et elle encore dans les histoires, à faire tomber la neige et masquer le dégoût. Le blanc lui fout les boules au pas, même pas le courage de les lancer. L'élancée en fin de course verse au flop, c'est l'hiver.

L'hiver à avaler, pas lavé, la vérité en grêle à l'acmé. Ça suppure et ça roule, ça ne dérape même pas, faire tomber la nuit en cache-misère sur médiocrité. Les doutes dissipés dans l'air désabusé, c'est comment qu'on sort, dis, c'est où ? Ça se répand en fuite sale, ça s'étale et c'est toujours là, en verglas, le casse-gueule en hors d'œuvre, comme il se doit quand l'œuvre déchoit.

Des choix qu'elle n'a pas faits, elle était ce qu'elle était, elle n'était pas, elle n'étaie plus. Elle craque comme la glace à la surface des temps, elle flotte en éclats non avérés, au prochain printemps elle fondra comme elle s'effondre, diluée, obstinée, toujours là comme elle lasse, délacée comme bustier ouvert, le front bas, le sein las et l'œil fermé, la tête entre les mains, domptée.

Mélasse. Le chat greffé à sa place, au bras gauche de l'oiseuse, et calée à ses pieds la féline enroulée. L'œil de glace piqué qui se mouille et voile ses idées. La boule de cristal est embuée, elle ne voit plus rien, ni pour demain, ni pour après. Le chat sans laisse et sa tristesse, invétérée, et le temps induré, enduré et qui dure, qui s'entête à la défaite de son histoire.

Elle s'enkyste en tumeur sous le pouls du temps qui pulse, mauvaise heure, mauvaise, sombre. Elle cache ses humeurs en sanie sous son silence en apnée, elle n'a jamais su respirer.