Requiescat in pace
Par Ginette Fanfiole le mercredi 16 décembre 2009, 10:38 - Bouteilles à l'amer - Lien permanent

S'enfouir comme on se fuit, se taire comme on s'enterre, comme on s'enferre, déférence gardée aux enfers libérés, se dénouer comme on se tire, comme on tire un trait, comme on lève sa trace, ne plus rien faire, ne plus rien dire.
Ni mensonge ni vérité, la pluie dans les yeux, l'attente aux portes, battante, sincérité latente et abri mensonger. Se terrer comme on se craint, comme on cesse de se croire, comme on se lâche le crin.
Condenser la peine, con sommer. Le dédain. Le mépris de soi dans les soies luxueuses des insanes. Les soi luxés, sans essieu, au fossé les sans idée. Les garages encombrés, la poussière et l'obscurité. Les cons aux coins repoussés, la serviette nouée, hors du coup, vie évidée, en surcoût, de surcroît, au surplus.
Toujours surseoir au jamais, par lâcheté. La peur du noir.
Un jour viendra la nuit, la vraie, sans lune et sans étoile, un jour le jour ne viendra pas. En attendant se reclure comme on se jette aux chiens, ridicule. Se jeter aux orties et pleurer pour quelque chose. Faire foin de tout, faire feu de paille, faire ripaille, faire tripaille.
Gaver l'oie pour la faire taire. Une bouchée pour maman. Une bouchée pour papa. Le pape est mort et l'araignée de mon plafond ronge mes nerfs en idées noires. Au peloton tous les constats d'échecs et d'inexistence, enrouler et fusiller.
Au poteau. Ce qu'oit l'oie au pas, la loi du silence et qui marche droit. Crise de foi, qu'on la bouffe et qu'on n'en parle pas. La plume piquée à l'iris, et qui nage dans le cristal de ses visions étrangères, caca d'oie, chant coincé au fond du gosier, cacarde en cocarde. Le cygne n'y est pas.
Des fleurs et des couronnes, les épines retournées à l'envers sous sa peau de rose et la paupière close. Le cil sur la joue, in memoriam. Laissez la dormir, et paix à son âme.