Conte effaré
Par Ginette Fanfiole le mercredi 2 décembre 2009, 11:40 - Instants en instance - Lien permanent

Elle a fait le grand tour et elle revient, tous comptes faits. En effet la vie n'est pas un conte de fée, même pas un compte d'effets, tout juste un compte de faits. Est-ce que ça compte les fées, dis, ça compte pour quoi ? Les fées, ça compte pour des prunes ? Je vais demander à Lili , elle aura bien une idée, Lili saura, Lili sait l'illusoire, Lili sait toutes les histoires.
Elle fait le grand tour et elle revient, comme on rentre chez soi, se cacher, se coucher. A cloche-pied autour du phare, est-ce que la porte est fermée ? Est-ce qu'elle saura la pousser ? Elle veut juste s'abriter, elle voudrait voir le gardien. Du phare.
Tu crois peut-être qu'on essuie les tempêtes et qu'on déroute les bâtiments avec un phare sans gardien ? Paraître sans fards et sans effets, et éclairer quand même. C'est quoi, la lumière, dis, la lumière du phare, c'est quoi de plus qu'un fard piqué et effacé, et la peur, qui n'ose, intermittente la lumière, intermittente pour ne pas brûler.
Juste être, ne plus rien dire, le silence et ne pas se taire, si c'est possible. Un peu de paix dans l'univers, la lumière, qu'est ce que c'est ? Laver la pupille à grande eau, petite pluie abat grand vent, ne plus rien dédire, est-ce que c'est possible ? La sotte et le seau, si tu veux, l'œil dessalé en douce, elle l'est.
Elle n'ose. Assise sur la pierre et le dos à la porte, elle regarde le monde dans la lumière du phare. On ne lui fera plus le coup du lapin. La vérité est dans son dos, elle le sait. Elle n'est pas en faction, elle refuse l'effraction, c'est tout. Elle vague en attendant qu'île ouvre.