Dépassée, elle s'est laissé dépasser, et le temps n'y est pour rien, tout entier derrière elle, tout son temps, tous ses temps. Elle conjugue à l'intemporel ou à l'intempestif, elle conjugue au décomposé, elle éclate. Elle compose. Elle compose à l'instantané, elle compose au polaroïd, elle compose au flash sans Bach, elle se décompose sans savoir, au hasard.

Plus tare qu'elle, plus poids, plus lourde il n'y a pas. Elle est cinglée, c'est un drôle de vent, qui l'essouffle. Elle s'étouffe, une enclume sur la poitrine, elle s'efface, ridicule, elle se tasse, dans un coin, elle fait masse à la ramasse.

Elle a tout dépassé sauf son silence, sauf ses interdits, elle regarde impuissante les barreaux qu'elle a posés elle-même, même pas scellés, même pas fixés, elle retient son souffle pour ne pas les faire tomber. Le souffle court et le regard fixe. Elle est givrée.

Ne rien dire, ne pas se laisser surprendre par ce qu'elle pourrait laisser entendre. Tourner le dos et faire celle qui manque à l'appel, l'oreille aux aguets. Faire celle qui se tait, cesser de respirer, ne rien laisser transpirer. Elle est sonnée.

Ne plus bouger. Durcir sa peau, n'en rien laisser frémir, lisser ses contours en chair de poule à mettre au pot, araser, poncer, vernir. Fermer les yeux et redescendre au fond d'elle, ne pleurer qu'en dedans, déverser par devers soie, dans l'ombre du noyé se noyer. Elle est siphonnée.