A pas d'heure et pas à pas, en funambule sur le fil défendu. Je n'ai pas le droit, je sinue, hésitante, maladroite, insignifiante. J'ai perdu le sens à suivre, la direction en otage, je sème, atout vent, je m'effiloche, j'essaime, j'essaie, j'. Est-ce que ça marche comme ça ? Pudeur à plus d'heure, je ne sais plus, je ne sais pas, plus l'heure, ce n'est plus l'heure, tu vois. J'ai piqué la montre du lapin blanc, je suis en retard, en retard, en retard, ou c'est toi qui l'es, je ne sais pas, et ça court, ça court, après le temps, en criant c'est trop tard.

C'est maintenant que tu arrives ? Mais tu as vu l'heure, dis, tu as bien regardé ? C'est pas l'heure. C'est pâleur. Le quadrant à l'ombre, la quadrature de l'infect, le soleil est couché, c'est l'hiver et la nuit, ici. Les aurores boréales, les aurores, même pas dans le souvenir, même pas en rêve, ça nuage et ça flotte, en silence, c'est juste un jour de pluie. Un jour de pluie. Ça résiste, ça plie et ça craque, c'est sans issue, sans souffle, Samson fait un tabac et moi j'ai arrêté.

Méandres. La vérité en face, je la connais et je baisse les yeux. Je ne rougis pas, je tremble, ce n'est pas de toi que j'ai peur. C'est de moi à plus d'heur. L'étang me tente au fil du temps, me jeter, m'enfoncer, m'engloutir, la lune au fond, le vague au noir, marché de dupes, s'abîmer aux abysses et disparaître. Bouche grande ouverte aspirer le froid de l'oubli, de soi et des hôtes, se vider comme on s'emplit, passer outre, gaver l'oie, charger le baudet, plier l'échine et le jarret broyé, l'œil ouvert sur la nuit, luisant et résigné, renoncer.

Ou accepter, c'est pareil, résoudre et se résoudre comme on se dissout, trancher dans le vif et exciser la vie, le dernier élan, contenir le dernier épanchement, stopper les mots rougis, suturer comme on se tait, comme on se tue, censurer, parce que c'est un jeu de con, parce que c'est un jeu de fou. Fuir la déraison comme on s'arraisonne, une dernière fois ne pas.

Tristesse, quand tu nous tiens...