Elle se fond en flaque molle, dans la masse, fatiguée, elle flasque. Elle se flanquerait la tête aux murs, tiens, si elle ne l'était déjà. Mûre. Blette. Pourquoi qu'elle dure, qu'est-ce qu'elle fout là, absurde, au milieu de nulle part ? Elle laisse aller, elle se fond, informe, lourde et lasse. Lasse. Lasse. Lacérée. C'est ridicule un bloc de gras lacéré. Mollusque en gros, en flaque au sol, étalé. Ça s'étend sans pudeur, au milieu du gras tas, un cœur, qui bat. Ne riez pas, l'oie grasse a perdu la blancheur de sa candeur, mais elle a encore un cœur.

Immonde. Indécent. Le cœur de l'oie dans sa flaque de gras, pouls régulier qui flique et flaque. Ridicule. Ça se répand jusqu'à l'œil, ses paupières chassent en gouttes épaisses des larmes d'huile sur ses joues bouffies. Ça ne coule pas, ça glisse. On prétend pourtant que c'est fatal au cœur, ces amas, ces dépôts, que ça vous bouche et que ça stase. On prétend pourtant que ça embourbe le cardio, que ça envase les sangs, que ça congestionne, que ça attaque, et que ça claque.

Elle a pas la tête à ça, elle a pas la tête à claque. On se demande, d'ailleurs, où elle l'a la tête, dans le sac peut-être ? C'est ça qui serait bien, tiens, la tête dans le sac à deux mains, hausser les épaules, faire semblant d'être là, se laisser couler, flip, flop. Elle oublierait tout. Le gras, le froid et la graisse figée. Pourquoi il l'a plantée là, le gras ? Elle l'aimait bien comme il était. Depuis elle mange pour le rattraper, en silence, à la masse, mais plus elle amasse et moins elle s'y retrouve. Elle patine sans pneus contact, elle dérape, dans le décor elle s'éclate.

Elle se noie à marée grasse, c'est grotesque. Elle rit de se voir si bête, elle chante faux, faut bien, elle en tient une bonne, elle en tient une couche, elle en remet quand elle se couche, pour penser à rien.