Le monde sans toi
Par Ginette Fanfiole le dimanche 20 septembre 2009, 07:36 - Dans le mur - Lien permanent

Aucun sens, ça n'a aucun sens les mots, ça ne sert à rien. Ça ne change rien, à l'insupportable, à l'inacceptable, à l'inadmissible. Moi, médiocre ? Moi. Médiocre. Les mots ont un sens, sens unique caché derrière le giratoire. Les mots ont un sens ils tournent en rond, tout tourne, ici, c'est le principe, il faut tourner, jusqu'à la nausée. Tourner comme une sauce ratée, ça ne sert à rien, l'écriture.
Ça ne sert qu'à justifier le silence, qu'à justifier la solitude. L'isolement. Ça ne sert qu'à se fabriquer un leurre vivable dans l'invivable. Ça ne sert qu'à supporter la souffrance des autres. La sienne, on fait avec, on fait toujours avec, et puis partir, un peu avant, un peu après, partir, quelle importance ? C'est curieux comme il est plus facile d'envisager sa propre mort que celle des autres. Comme si pour soi ça ne comptait pas.
C'est logique au fond. C'est plus facile d'envisager l'absence de monde que le monde sans toi. Quand je dis toi, c'est juste un exemple, j'aurais pu dire n'importe qui.
Commentaires
Ecrire. Survivre. Oui tu as raison, ce ne sont que des mots. Mais ils peuvent avoir leur importance.
J'ai apprécié ce texte.
Je n'aime pas avoir raison, faudrait la savoir garder, et ça me fatigue d'avance
Du poids des mots on pourrait parler, les mots adorent parler d'eux-mêmes, tu as remarqué ? Mais ils n'ont jamais que l'importance qu' "on" leur donne. De la relativité... Quand on c'est toi ça me fait plaisir de prendre du poids.