L'art comme un retour aux sources initié par la souffrance, tentative de retour  à l'enfance et à la nature, peut-être. La nature de l'enfance, sûrement pas. Ne faites pas ça aux enfants. L'art est une tentative de guérison, l'enfance, c'est avant. Avant que d'être mal. Quand il suffisait d'être…

L'art comme une réponse aux souffrances incompréhensibles, inaccessibles, incompressibles, l'art comme un baume, comme un pansement sur plaies déjà vertes, trop mûres, l'art comme une transcendance agnostique.

L'art comme un refus du troupeau. L'art comme renoncement à l'établissement d'une vérité sous caution. L'art comme libération du factuel pour l'implicite. L'art  comme une magie noire, blanche ou rouge, jamais grise.

L'art comme essentiel, incontournable, vital, l'art comme nécessité quand la souffrance est reine et indélébile. L'art comme analgésique. L'art comme retour à la sensibilité contre la sensiblerie.

L'art comme révélateur des filigranes. L'art comme la recherche de l'état de nature avant perversion. Dieu comme pervers, responsable du péché, original.

L'art, prière au retour à l'origine, à l'état intègre, intégral. L'art en sortie d'abîme. L'art impossible, comme une enfance qui aurait conscience d'elle même. L'art comme blessure de l'enfance, l'art comme nostalgie de la candeur, perte de la légèreté et quête chimérique du paradis perdu.

C'est la perte de l'enfance qui suscite l'art. L'art, lard de l'enfance trahie, innocence pervertie. Adulte erre, l'art, lard, lare comme un dieu inconscient. L'art comme une quête illusoire de rédemption.

L'art est un bûcher où on brûle sa propre essence pour effacer sa douleur. Sisyphe est un Phénix, et il était une foi.