Pour solde de tout conte
Par Ginette Fanfiole le vendredi 8 mai 2009, 19:13 - Bouteilles à l'amer - Lien permanent

Comme je crie je pense, et j'écris.
J'écris sur les murs de vos indifférences.
Mes plaies, mes déchirures, mes béances, mes échappées.
Tout dépend.
Tout dépend des couleurs de vos silences.
De l'épaisseur de mes absences.
J'écris comme on se poursuit sans jamais se rattraper.
J'écris l'essence des interdits privés de sens.
J'écris la déchéance des âmes en souffrance au dépôt des objets non conformes et non compensés.
J'écris les échéances différées, demain qui recommence toujours les mêmes journées.
J'écris les échanges avortés.
J'écris comme on largue les amarres, sans envie de se retourner.
J'écris comme on se divague, comme on se délite, comme on se défait.
J'écris comme on se lâche, comme on s'abandonne, comme on se laisse tomber.
J'écris comme on s'efface et comme on disparaît.
J'écris comme on détourne les yeux, comme on pointe une erreur, tirez.
J'écris la face tue, la face oubliée, la face interdite.
J'écris la face rejetée.
J'écris mes hébétudes et mes monstruosités.
J'écris comme on boit pour s'oublier.