Des images dans la tête, des souvenirs de la vie qu'elle ne vivra jamais, la nostalgie de ce qu'elle aurait pu être. Un roseau près d'une eau claire, et le vent. L'onde ridée et des reflets tranquilles, la patine du soleil et de la pluie. Il suffisait de trois fois rien. Il aurait suffi d'un peu de cuir sur sa viande.

Elle n'a jamais eu de peau. Nini c'est l'écorchée, vive, l'écorchée aux dents serrées. Elle se tait. Elle se tait quand on l'approche de trop près, elle se tait quand on lui parle, elle se cache quand on lui sourit. Un souffle sur son visage, une main sur son épaule, tout la brûle, elle est comme ça Nini. Elle se cache et elle se terre, le froid mord aussi. Sans sourire. Elle se tord. Elle se consume. Elle n'en meurt pas.

Elle n'en fait pas d'histoire, si tu pouvais juste te taire. Juste passer sans la voir.