Les solitaires n'ont pas besoin de parler pour se taire ni de se voir pour se savoir.

Les solitaires ne dorment pas, ils hallucinent et ils fascinent.

Les solitaires terrent leurs démons en grand mystère, pour attirer la tension.

Sol et terre. Sol éther. Six terres. Cythère. S'y taire.

Les solitaires s'enferrent dans leur silence de pierre, et la pierre crie.

Les solitaires s'enferment dans les cercles vicieux des étaux qui enserrent.

Les solitaires n'ont rien compris, ils ont vu la lumière.

Ils sont entrés dans la spire infernale des espérances trahies.

Les solitaires brillent par leur absence.

Les solitaires brillent au fond de leurs cavernes d'ennui.

Les solitaires font toujours nuit.

Ils respirent la poussière du temps et les espaces inexplorés.

Ils déchirent les membranes et passent d'une dimension à l'infini.

Les solitaires ne sont pas d'ici, ils portent leurs pas ailleurs.

Ailleurs, il n'y a pas, d'ailleurs. Il y a des railleurs.

Les solitaires traversent les miroirs et vivent leurs vies à l'envers, de la sagesse à la folie, n'explorent que les sens interdits.

Les solitaires sont étourdis, et leurs yeux amphibies liquident les univers en débondant le lavabo de leurs envies.

Illicites et intempestifs, explosifs, abondent les flots de leurs oublis.

Oubli salutaire, oubli utopique. Oubli subversif.

Les solitaires versent au déclin leur contribution au dégoût primitif.

La déchéance à l'échéance, juste à l'heure.

Les solitaires versent à l'emprunt, enclins à s'incliner au présent du substitutif.

Les solitaires prêtent à rire et donnent à panser.

Les solitaires se défilent et démaillent les chaînes de l'effroi qui les effrite.

Désamarrés, il dérivent et se noient dans le vert d'eau qui les habite. 

Les solitaires navirent à l'amure en traversée oblique.

Les solitaires n'abordent pas.

Les solitaires de guingois.

Les solitaires.