Le ver est dans le fruit, d'accord, au moins c'est pas une pomme, c'est déjà ça. Comment ça si ? Comment ça la tomate c'est une pomme d'amour ? Et merde. Ça va pas être possible, non, un doublé dans l'Eden, tout ça, ça me dit rien. Puis il y a cette vanne idiote du jardinier qui fait mûrir ses tomates. J'avais pas vu les choses sous cet angle-là, toi si ? Quand même La Bible, dis donc, soi-même. Le jardinier, la tomate, je sais pas si je vais oser. Pour ce qui est de rougir, j'aurais plutôt vu la patate moi. Et je m'y connais en patates mon gars, je te le dis. La patattitude, j'ai ça dans la peau, j'ai ça dans le sang.

Mais bon, c'est que ça va pas du tout aller avec la suite c't'histoire. Faut que je change le titre, la patate, c'est bon, on peut garder. Le bon Dieu paraît qu'il aimait bien qu'on les lui fasse frites, les patates. Au feu de bois. C'est ça qui est bon pour la révolte, le feu. Surtout quand on t'y colle tout vif. Rôti à feu vif, c'est ça qui vous titille le nerf de la guerre, enfin ça l'a eu titillé naguère. Jacquerie, ils appelaient ça, mon frère. Ça pourrait faire un titre sympa aussi, la grande Jacquerie, t'en penses quoi ?

Ben sauf que le vieux Jacques on ne le voit plus guère, sauf quand il faut quelqu'un pour taper au cul des vaches. Il y a que lui qui sait bien faire ça. Le Grand Nabot, il peut pas trop se permettre. Tu vois pas qu'il se prendrait un coup de queue dans le pif, il est juste à la bonne hauteur. Va condamner une vache pour crime de lèse avorton, c'est ridicule. Non, pour ce qui est des vaches c'est le Jacquot, ou rien.

Enfin bon, c'est plus lui quoi. Nostalgie quand tu nous tiens. Celui qui m'aurait lu ça dans les lignes de la main il y a dix ans, que je me ferais ma séquence nostalgie à moi toute seule en pensant à son règne, avec sainte Bernadette, il se la serait ramassée lourde en travers de la tronche. Ma main, je veux dire. Il n'y pas de miracle, mais si tu me cherches tu me trouves. Ne nous en reste que l'autre gros, là, le sportif. Tu parles d'une affaire. Un David à dégaine de Goliath. Tu veux que je te dise, pour moi c'est pas son vrai nom, David. Ça lui va pas au teint. Gogo, ça lui irait mieux. Ou Gogol, tiens. Et on rigole pas, hein, le Gogol c'est cruel et derrière lui l'herbe ne repousse pas. C'est pour ça, on s'est mis à boire. Qu'est-ce tu voulais qu'on fasse, on peut pas pleurer tout le temps non plus.

Enfin revenons à nos moutons, quittons donc le salon de l'agriculture, pour rejoindre en altitude les vertes prairies. Je sais bien, les moutons suivent, on n'y peut rien, un mouton c'est fait pour suivre, en plus c'est chez eux qu'on va, de ce pas. Oh Tom, hâte, peut-être bien qu'on les sèmera. Non, pas les tomates, je te dis que j'ai laissé tomber, côté cœur. Les moutons. Comment ça, ça se sème pas les moutons ? C'est ce qu'on va voir. Où elle est la patate avec son joli petit cul ? On va la faire marcher devant, ça va suivre comme un seul homme, c'est tout mec à nique, tout ça.

Des moutons et des hommes, ça pourrait faire un titre sympa aussi. Quoique, le mouton, pour la nique, je suis pas sûre. Le bouc, ça irait mieux, enfin il me semble, mais ça nous renvoie au début de l'histoire. Meuh non, pas le salon de l'agriculture, le début début. Pas le tout début non plus m'enfin il y a déjà fort longtemps. Le bouc, ça sent le soufre tu comprends, et qui dit diable dit dieu. Je garde, ça va plaire au Divin Avorton ça. C'est un homme spirituel le Divin Avorton, mais qui nique. Du coup, on sait pas si la Sainte Paire va venir nous le bénir et nous le couronner. Faire la nique à la Sainte Paire, faut oser. Enfin, il voudrait bien qu'on y croie, le nain, qu'il nique, mais la première Asperge est toujours pas en cloque, alors faut voir. Sinon pour le couronnement en grandes pompes, c'est pas perdu.

Laisse faire, laisse aller. La vie, c'est un éternel recommencement, pas la peine de faire la révolution, ce truc là ça marche tout seul, c'est obligé. Demande à Galilée, si tu me crois pas, et cochon qui s'en dédit. Qu'est-ce tu dis ? Galilée est un cochon ? Mouais, tu sais ce que je te dis moi, tu sais quoi ? Silence, on tourne !!! C'est comme ça. Tout tourne, si, si. C'est bien ça qui l'inquiète tiens, le Grand Nabot. Il a peur que ça pète, il arrive en fin de bal, ce con, juste à l'heure du feu d'artifice. Trente-six chandelles qu'il va voir le garçon, s'il reste là sans bouger.

Sans bouger, oui, persite et signe, tourner sur soi-même c'est que du faux mouvement, ça va pas l'avancer à grand chose. D'ailleurs tout le monde le regarde avec curiosité en se demandant quand il va se rétaler, parce qu'il va y aller, aux pâquerettes, c'est forcé. Essaie, toi, de jouer les derviches aussi vite que lui, tu vas dans le décor, obligé. Il fera même pas joli, ce con, dans le décor. Remarque, je me moque, c'est pas bien. C'est quand même un tour de force, son Histoire, il est quand même le premier à être dans le même temps le roi et son bouffon. On n'est jamais si bien servi que par soi-même.

Le truc, le grain de sable dans le rouage, la couille dans l'engrenage, si, supposons, qu'il en aie. Supposons. La carambouille dans le potage c'est qu'il est le seul à avoir le droit d'en rire et qu'il trouve pas ça drôle. Empêche-moi, je vais pouffer, c'est sûr. Ça y est, je pouffe. Bon, il me fout moyen les boules parce qu'elles sont restées dans l'engrenage mais quand même. Le sceptre dans le cul j'aime pas. Automate, déjà, j'avais du mal, maintenant le Grand Guignol sur le poing du maître, enfin du mètre, ça me les brise. Surtout que j'ai pas fini d'en voir, je suis aux premières loges maintenant. J'ai pas fini de rire.

Comme titre j'aurais dû mettre "tomate crise"