Dans mensonge il y a songe. Je sais, c'est pas bien malin, c'est comme ça j'y peux rien. Telle qui rêve ment ? Va savoir. Faudrait déjà, pour mentir, faudrait savoir la vérité. Ben tiens. Tiens, tiens, c'est toi qui la tiens ? Je me moque pas, tu sais, pourquoi pas ? Ces trucs là ça va ça vient, ça passe, passe, ça passera, pourquoi pas ? Pourquoi pas toi ?

Le vin est bon, le vin est rond, pourquoi pas moi ? Pourquoi pas. Ce qu'il y a c'est qu'on ne sait pas, tu vois, on ne sait jamais qui l'a, passe, passe, passera. Court et court, cherche et furète. Le vin est tiré, je bois. Je ne dors pas.

Dans mensonge il y a songe, présomptueux menteur, qui croit retenir la vérité. Qui ment sait, ou croit savoir, je ne sais pas. Je ne mens pas, juste je bois.

Donne-moi l'ivresse, donne-moi l'oubli. Donne-moi encore à boire. In vino veritas, donne, donne-moi la vérité, que je puisse mentir. Le mensonge en bouclier, ou l'ivresse, c'est égal. Le délire pour me taire, le silence de l'incohérence. Donne encore. C'est ballot, crois-tu pas, c'est moi que je veux grise et c'est toi que je saoule.

Fruit en bouche, devine ce que je bois ? Le temps. Je bois le temps jusqu'à plus soif, la coupe est pleine. Bouteille à moitié vide, la coupe est pleine, toujours, le temps déborde, m'inonde, je vire, je tangue, je tombe. Parfois je dégueule, c'est pas beau à voir, mais la coupe aux lèvres, toujours. Je bois. Je bois.

Nausée, vomissure, moisissures, et toujours. Toujours. Toujours. Le temps coule, s'écoule, je ne coule pas. Je flotte. Alcools, vapeurs qui me rongent et me gardent. Dites à Saturne de cesser. Ça tourne dans ma turne, en rond, ça me divague et je m'écroule sur une plage de détritus. Les mers sont mortes. Pas moi. Cronos, bouffe-moi.