Escapade chimérique
Par Ginette Fanfiole le dimanche 15 février 2009, 13:10 - Anges fantasques - Lien permanent

Pour passer une porte, ouvrir, ne force pas. Les portes sont faites pour être ouvertes, et surtout quand elles sont fermées. Les portes s’ouvrent, question de temps. Ne mets pas de temps de côté, il pourrait se gâter.
Pour poursuivre un but, fais flèche de tout bois, et perds-toi. Dans les bois. Dans les moi. Dans l’émoi. Ne vise pas, il faut se perdre pour se retrouver. On arrive toujours quelque part. Ne suis pas. Sois.
Pour découvrir un trésor, ferme bien les yeux, serre fort les paupières, ne regarde pas. Surtout ne regarde pas. Ferme les yeux et marche, tu verras. Tu trouveras. Ou, on te trouvera. C’est un peu la même chose, tu ne crois pas ?
Pour suivre une ligne, lève la tête, regarde le ciel. Les étoiles ne te guideront pas, les étoiles n’aident pas à se repérer. Les étoiles servent à s’égarer. Les étoiles brillent chacune pour soie. Les étoiles. Tes quinquets en écho.
Pour chercher ta direction, prends, ma boussole j’allais la jeter. Prends ma boussole mais n’oublie pas de renifler les bas-côtés. Zigue et zague et jette un dé. Je vais droit devant où me portent mes pas. Peu importe, où je vais, où tu cours, nous sommes point de départ, il n’y a point d’arrivée, nous ne sommes point. L’arrivée c’est le chemin.
Pour donner du sens, réapprends à conter, sur tes doigts ou sur les miens. Avant six le compte n'y est pas.
Pour résoudre une énigme, élucider, ne pense pas. Ça finira bien par pousser, comment veux-tu que le soleil ne se lève pas ?
Les maîtres à penser ne sont que bonimenteurs, qui sait ? Je ne sais pas. L’intime ne s’intime ni ne se mime, il va falloir chercher ailleurs, il va falloir aller ton pas. Lève-toi, et marche, je ne te suis pas. En somme, je suis.
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