C'est un malentendu, croyez bien que j'en suis désolée. A moins que ce soit moi le malentendu ? Ou la malentendue. Être malentendant n'empêche pas d'être malentendu n'est-ce pas. Il n'y a rien ici qui prétende à la poésie, mais s'il suffisait d'avoir mal pour être poète j'arrêterais l'aspirine. D'ailleurs ça intéresse qui mes éructations brutes ? Si si, brutes de dictaphone et à peine retouchées, je n'écris pas, je transcris. Le cri ici n'est pas image, je ne suis pas Edvard Munch.

La flamme qui se lasse ne connaît pas la longueur de la bougie. Une flamme ça éclaire, ça ne voit pas. Est-ce que j’éclaire ? Ça c’est pas clair. C’est pas sûr que j’éclaire ça non. J’éclaire pas.

La lumière ça m’aveugle. Alors j’éclate, comme une ampoule qu’on nettoie avec une éponge humide quand on a oublié d’éteindre. J’éclate. Pas de rire non plus. Et comme les cieux, odieux, n’ont pas de pitié, j’éclate et je renais des éclats avec juste quelques coupures en plus. Séparations. Incompréhensions.

Incommunication. Si, ça existe, la preuve, vous n'êtes pas là. Moi non plus d'ailleurs.

Couper le courant. Interlocuteurs arrachés comme des prises mal débranchées. Tu n’entends pas n’est-ce pas. Toi non plus tu n’entends pas. Ni toi. Ni toi non plus, ni celui-ci, ni celle–là. C’est con ce que je dis. On ne peut rien m’arracher, je suis bonsaï. Bonsaï aux pieds bandés, flanqué pour faire bonne mesure du complexe de la petite sirène.

Tu ne connais pas ? Normal je viens de l’inventer. J’aurais dû faire des études tiens, au lieu de me vendre à l’éducation nationale. On est con quand on est jeune. J’aurais pu faire chercheur. Vu ce que les autres trouvent, j’aurais pas fait tache. J’aurais pas fait tâche non plus.

Je voudrais rentrer quelque part où ça serait chez moi.