agenouillée
prostrée
crispée
ramassée
tête entre les genoux
mains croisées sur la nuque
le froid
cri dedans qui déchire
silencieux
monte
la heurte
la brûle
larmes
silence
belle en noir
ne vient pas
crier
juste crier
inutile
froid absolu
n'y touchez pas
cent et mille
aiguilles de froid
fichées profond
chair bleuie
n'y touchez pas
si froide
votre main sur son épaule
soudée par la glace
vous y laisseriez
des lambeaux
voulant la retirer
elle vous déchirerait
n'y touchez pas
assise tailleur
genoux relevés
tête baissée
bras autour
protégeant le cœur
cœur immobile
givré
arrêté
froid qui mord
et son cri enfermé
implore le silence
implore la paix
un peu plus froid encore
mord puis endort
cri se fige
espoir d'une nuit sans aube
d'un soir sans matin
aussi bien
ne reste que le temps
cristal dans le grand sablier
cristal en grains
acérés
blessants
lacérant
plus froid encore
durcir
rêve d'insensibilité
immobilité
s'il vous plaît
le silence
seulement
le silence