Je rêve

Poser mes valises
de l'autre côté

J'oublie toujours
là-bas
c'est aller sans retour
aller simple et sans bagage

J'ai le billet
bien serré dans le tiroir à secrets
On ne sait jamais

Tu comprends
sans elle
ce serait comme une peine
à perpétuité

Elle est la grâce
faite au condamné
la consolation

Elle est le seul espoir
qui reste

Il paraît qu'elle nous attend tous
qu'elle est l'unique certitude

J'ai tellement peur qu'elle m'oublie

Vivre
Être

C'est cuisant
de froid
de solitude
d'incertitude
de certitudes aussi

Mourir
Retourner à l'essentiel
comme on rentrerait chez soi
Retrouver
Appartenir
Faire partie

La mort
le vrai silence
et la pulsation lente
apaisante
des révolutions perpétuelles