T'as pas honte ?
Par Ginette Fanfiole le jeudi 15 janvier 2009, 22:34 - Idées noires - Lien permanent

Le mensonge, ça ne compte pas, personne n'est dupe. Sauf les très niais comme voilà moi. Sauf que moi ça compte pas, je suis invitée honoraire permanente hors concours toutes catégories du dîner de cons, j'ai une place réservée à mon nom. A toutes les tables. Tous les secrets sont de Polichinelle, ajoute donc ça dans ton tiroir. Ce qui existe et ce qui empêche, ce qui compte, c’est la honte. C’est la honte qui fait mentir, c’est la honte qui fait omettre. C’est ça, marre-toi. Dis que tu l’as toujours dit, que tu le répètes depuis le début, dis-moi que je dois être sourde, ou lire en diagonale, voire ne pas lire du tout.
Mais comme je suis de mauvaise foi et que je veux avoir réponse à tout, je vais te dire un truc, et ça c’est un truc tellement vrai que tout le monde te le dira. Tout le monde.
Oui, mais MOI c’est pas pareil.
C'est pas pareil DU TOUT
Voilà.
Il en a qui ont honte de ce qu'ils sont, j'ai honte de ce que je ne suis pas. J'ai la honte du con à la fin du dîner, et je suis toujours entre deux tables, comme entre deux parenthèses. C'est pas pareil. Tout le mal vient de là. J’ai dit mal oui, j’ai dit ça. Et je pleure si je veux. D'ailleurs les cons démasqués versent toujours une larme à la fin du repas. Mais ils sont cons, alors ça ne compte pas. Comme on est gentil on leur tend un mouchoir en papier. On les mouche pour qu'ils fassent pas chier. On les mouche après les avoir mouchés, la Terre est ronde, vous savez.
Les cons ça compte pas. Ça conte, ces gens-là, ça raconte, c'est même pour ça qu'ils sont conviés. Les bons comptes font les bons amis, dit-on, les bons contes font les bons dîners. Moi je m'en fous, je compte pas. Ou alors pour des prunes, ou pour du beurre. Pour du beurre, c'est bien le beurre, on le met dans les épinards, c'est bien pour l'aisance. L'aisance, il y a des cabinets pour ça. Des fosses aussi.
Tire la chasse, cache ta honte.
C'est dangereux le cache-cache, on finit par se retrouver enterré parce que personne vous a trouvé. On se retrouve oublié là parce que personne n'a crié pouce. Ou pas assez fort. Ou parce qu'ils sont partis sans rien dire. Reste la honte, mais c'est pas grave, on vous invitera à dîner.
Pas de mots pour des maux. Non plus. Je sais pas à quoi ça sert les mots, mais je suis sûre d'une chose c'est que ça ne guérit rien. C'est comme du mercurochrome sur une plaie, c'est juste une saloperie, ça masque, ça ne désinfecte pas. Ça ne panse pas. Ça je ne pense pas. Sous le verbe la sanie. Le miasme. La honte
Comment ? Si je suis libre pour dîner ? Pas ce soir non. Je suis très demandée vous savez.
Commentaires
as tu changé ton adresse mail
Beaucoup d'humour dans ce texte. En tout cas je le ressens comme ça.
De toute façon, les rieurs ont toujours raison.
L'humour, ça ne me fait pas toujours "rire".
Et puis ça suffit, Ginette Fanfiole!!!
Je ne connais personne, à part toi peut-être, qui oserait dire que tu es "con"...
Les situations se retournent...Pourquoi pas?!
On est toujours le con de quelqu'un...en effet. La dernière fois que j'ai entendu ça, c'était en visionnant un reportage qui relatait la vie d'Albert Spaggiari. En effet, un jour qu'il était en audition, devant un juge au palais de justice, il s'est levé (non menotté) et, tout en discutant (séduction?) il s'est approché de la fenêtre dans le dos de ce dernier. Une moto gazait deux étages plus bas. Notre Albert ouvre la fenêtre et saute. Evasion.
Le juge dira plus tard, une lueur dans les yeux: "J'ai compris ce jour-là qu'on était toujours le con d'un autre."
Sinon, dans le même ordre d'idée, et pour paraphraser J.P Sartre...Les cons, c'est les autres...
merci pour ce topic, mais faut que les mentalites change!