je ne prendrai pas de gouttes
j'avalerai pas de pilules
j'irai pas à confesse
dans le cabinet d'un homoncule
ridicule
nourrissant de mes turpitudes
sa progéniture

ils ont bloqué toutes les issues
ils ont fait cercle autour de moi
rien ne bougeait
ni eux ni moi
mon souffle court dans le silence
leur calme abominable
mes yeux fous cherchant l'échappatoire
leur assurance déterminée
mes larmes
leur insensibilité
mon insignifiance
la folie m'a refusé son aide
j'ai tout vu
j'ai hurlé pour ne pas les entendre
mais ils ne disaient rien
ils se sont rapprochés
leur souffle sur ma peau
je me suis laissé tomber
j'ai protégé ma tête de mes bras relevés
j'ai hurlé pour ne plus m'entendre
j'ai hurlé pour m'oublier
la mort m'a refusé sa paix
ils m'ont redressée
leurs mains froides sur ma peau moite
ils m'ont assise à ma place
ils ont souri
ils m'ont fermé la bouche
j'ai hurlé en silence
quand ils ont parlé
je me suis bouché les oreilles
ils m'ont coupé les mains
posément
j'ai fermé les yeux
ils ont découpé mes paupières
soigneusement
ils m'ont dit de ne pas me voiler la face
ils m'ont dit de regarder la vie en face
ils m'ont ouvert le crâne
pour me remettre les idées en place
mes cris étouffés
mes yeux exorbités
mes larmes rouges
leurs couteaux dans mon âme
ils ont refermé
ils ont laissé les couteaux et ils ont refermé
ils m'ont dit que je pouvais m'en aller
ils m'ont dit que j'étais pardonnée